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Avec la voix de Clara son arrière, arrière petite fille

 Recherche toutes infos/témoignages sur la mort de mon grand père

A Henri Détrie

Mon grand père

Si tu ne sais pas où tu vas, souviens-toi d'où tu viens. [Proverbe Africain]
La bataille de Luchy

"Henri Détrie ne voulait pas marcher, trouvant que c'était folie de lancer son régiment dans un bois qui n'avait pas même été exploré... Il a fallu 3 ordres formels pour le décider, et un de ses généraux lui aurait dit: "vous avez donc peur?".. C'est alors qu'il aurait dit 'je vous emmène à la boucherie" ... Il est tombé dans une obéissance suprême, à la première bataille, un tel chef adoré de son régiment!"

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 C’est 2.500 morts

4.434 français et 1.800 allemands hors de combat.

Des villages du Tarn et Garonne perdent en une après-midi leurs forces vives.

La plupart avait 20 ans

Un 22 août 1914

 Le Colonel Henri Détrie

Extraits de lettres, documents, témoignages …

Amis lecteurs, extrait du livre qui est à tirage unique, c’est une œuvre collective,  participez à son élaboration et envoyez vos documents à grognet.jl@sfr.fr

 

PREFACE

 

Aujourd’hui, 100 ans après cette bataille effroyable, Anne Marie Lambert  en perpétue le souvenir.

Voici son témoignage

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Passant
Arrête et salue
Laisse un peu de ton cœur
A ceux qui sont mort pour toi (stèle Détrie)

 

 

Printemps 1980

            Après une longue marche en forêt avec papa, nous faisons une halte à proximité de la stèle du Colonel Détrie.

            Réchauffés par un soleil printanier, nos pensées convergent vers cet après-midi sanglant du 22 août.

            Papa s’exprime. « Te rends-tu compte que cette terre chargée d’humus de vie a reçu le sang de tant de jeunes vies voilà plus de 60 ans. »

             C’est loin et ça reste proche. Notre pensée s’envole vers les traces laissées en terre flamande par un de mes oncles maternels.

            Nous continuons notre marche et apercevons la stèle de votre aïeul.

            Papa très contrarié en voyant les lieux s’exprime très violemment.

            Est-ce possible de laisser se détériorer de tels monuments. Nous avons le devoir de sauver ces stèles, derniers témoins de ce sanglant 22 août 1914. L’élément déclencheur est présent. Quelques jours plus tard, nous commençons ce travail de longue haleine.

Une dame et son fils nous apportent une remorque de terre pour former un tertre. Nous le fleurissons et pendant plus de 20 ans l’entretenons avec respect et souvenir ;

            Nous rénovons les 3 autres stèles. Des édiles communaux acceptent cette « lubie » (terme employé par un bourgmestre) mais lorsque nous demandons de l’aide (déplacement d’une stèle) il faut quelques années de réflexion à ces personnes.

Décembre 2000


            Sous la neige et une bise cinglante, je fais le tour des 4 stèles un dimanche matin.

            Stupeur !  La stèle disparait sous une avalanche de sapins de Noël. Le terrain alentour est sillonné d’ornières très profondes.

            Le lendemain, prise de contact avec l’instituteur, les enfants et le bourgmestre.

            Les enfants sont partie prenante pour mesurer le terrain et réaliser la maquette d’un parc.

            La stèle sera sauvée.

En mai, les parents d’élèves exécutent les travaux pour réaliser ce parc. Les enfants récoltent des plantes chez l’habitant et avec un garde forestier nous récoltons des semis naturels de hêtres, ainsi vient de naitre le parc du souvenir avec l’aide oh ! combien efficace des enfants et de leurs parents.

Septembre 2011

           
            Avec l’aide de la FTLB (fédération Tourisme Luxembourg Belge) réalisation et implantation du panneau didactique retraçant le mouvement des 2 troupes dans la forêt et la campagne d’Ochamps.

            Je suis la locomotive, mais d’innombrables wagons de bénévolat s’accrochent pour former le train de solidarité.

            Mon colonel, je vous imagine bras tendus pour relier vos petits-enfants biologique à vos petits-enfants spirituels de Belgique.

            Merci mon Colonel, le train de solidarité s’allonge.

Anne marie Lambert

 Le Parc Détrie

 LA BATAILLE DE LUCHY (sur le panneau)

3 août : l'Allemagne déclare la guerre à la France

Entre le 6 et le 21 août, le sud du pays (BELGIQUE) est sillonné en tous sens par les organes de reconnaissance(s) des deux armées principalement composés de cavalerie et de quelques avions. Quelques escarmouches ont lieu entre cavaliers.

Le 20 août, le général français JOFFRE donne l’ordre d'offensive générale aux 3e et 4e armées. On fixe aux différents corps d'armée (ÇA) des objectifs à atteindre. Le 17e corps (général POLINE) vient de Sainte-Cécile et est organisé en 3 colonnes ayant pour objectifs, de gauche à droite, Anloy/Jéhonville/Ochamps. La colonne de droite est composée de la 33e division (DI) qui, par Bertrix, engage la 66e brigade (BI) soit, les 20e régiment d'infanterie (RI) et Ile RI ainsi que le 18e régiment d'artillerie (RAC) sur la route qui mène à Ochamps alors que la 65e BI (7e et 9e RI ) est postée en réserve de corps aux alentours d'Assenois/Blanche-Oreille où se trouve l'état-major (EMF) de POLINE.

En face d'eux, le 18e corps allemand composé des 25e ID et 21e ID fait face à Maissin/Anloy (25e ID) est à Ochamps/Libramont (21e ID). La 21e ID a poussé un détachement (87e IR un groupe d'artillerie du 27e régiment) à Ochamps le matin du 22 août tandis que le gros de la division s'installe aux alentours de Recogne/Neuvillers où l'EMA a établi ses quartiers.

Le matin du 22 août, le mouvement français sur Bertrix est repéré par un avion allemand en reconnaissance, ce qui précipite vers midi l'ordre pour le général VON OVEN de marcher sur l'ennemi par la route Recogne-Fays Les Veneurs. La bataille de Luchy va commencer et s'étaler sur 4 sites différents :

Le combat d'Ochamps - Lisière nord de la forêt de Luchv (13h30-17h00)

Le 20° RI, avant garde de la 33°Di débouche vers 13h30 de la lisière nord de la forêt de Luchy. Il est accueilli par un feu nourri d'artillerie en provenance de l'est du village (côte 468) et doit faire face à de l'infanterie traversant le village, Malgré de fortes pertes et après avoir contourné les hauteurs de la chapelle par l'ouest, des compagnies du 20e RI les occupent vers 15h. Mais ce combat sans soutien d'artillerie est inégal. L'intervention du 3e bataillon du 87° IR allemand, en réserve derrière la côte 468, qui contourne le village par le nord pour attaquer les positions de la chapelle à raison de la résistance française. Le 20° RI est refoulé vers la forêt en fin d'après-midi. Le colonel DETRIE, les commandants de bataillon FIAMMA et GREGORY, les capitaines NEGRIER ROCCHESANI, SEGUELAS sont parmi les morts.

Le combat de Bertrix - Lisière sud de la forêt de Luchv (14h30-16h00)

La colonne française s'est engagée toute entière dans la forêt sur la route d'Ochamps. Seule la queue de colonne du 18e RAC n'a pas encore pénétré dans la forêt de Luchy lorsque débouchent du bois

en provenance de Recogne, les Allemands de la 21° ID.

Ceux-ci ont en face d'eux les derniers canons français engagés sur la route forestière et le 2e bataillon du 11° RI qui ferme la marche de la colonne et qui s'apprête à bifurquer sur la route d'Ochamps.

La surprise est totale.

L'artillerie allemande se déploie à la sortie du bois et met en batterie pour tirer sur l'ennemi à vue.

Le 88° IR, en tête de colonne, se déplace également en tirailleurs et s'élance à l'assaut du 11° RI qui s'est déployé à cheval sur la route. La queue de la colonne d'artillerie est détruite sur place encombrant la route.

 Le combat sous-bois (14h30-17h00)

La longue colonne allemande de la 21° ID sur la route de Recogne va pénétrer dans les bois à droite de la route à la rencontre de la colonne française sur la route d'Ochamps.

Le 1/80° l R (Major BONIN), est envoyé sur la petite route de Rossart qui rejoint la ferme de Luchy à Ochamps. Il va s'infiltrer dans la forêt de Luchy dans sa partie nord mais surtout et c'est le but de sa mission, faire liaison avec la 87° IR à Ochamps, ce qu'il arrive à faire en fin de journée. Il rencontrera des éléments du 20° RI qui se replient sur Bertrix et d'autres du 1/11° RI qui a été

envoyé en soutien du 20° RI mais qui ne dépassera guère la lisière.

Le III/11° RI qui encadre la colonne d'artillerie dans la partie sud de la forêt de Luchy va s'opposer aux Allemands en s'engageant dans les bois à droite de la route d'Ochamps.

En infériorité numérique, il est refoulé et la colonne d'artillerie est prise d'assaut malgré une résistance héroïque. Quatre batteries du 18e RAC restent sur place soit 16 canons !

Le reste de la colonne s'échappe finalement vers 16h30 par la route qui, de la Croix Morai, se dirige vers Acremont/Jéhonville mais une erreur d'orientation voit la colonne s'engager sur la côte 471

vers Blanche-Oreille où elle est la cible de l'artillerie ennemie.

La confusion gagne le reste de la colonne qui s'empêtre dans les clôtures ou dans les marécages en improvisant des voies de fuite.

9 canons sur 36 seulement échappent au carnage de cette journée. Ils rejoindront dans le plus grand désordre Assenois-Blanche Oreille.

L'infanterie (11°RI/20°RI) qui se replie sur Bertrix se heurte aux Allemands qui font beaucoup de prisonniers. Quelques français erreront dans les bois plusieurs jours voire plusieurs mois après le

combat avant de tenter de rallier la France ou les Pays-Bas.

Le combat de la Flèche (16h-17h30)

A 16h, le général POLINE donne l'ordre à la 65° BI, en réserve, de prendre position sur les hauteurs au nord de Bertrix. Le mouvement s'effectue dans un grand désordre car cette montée au front se heurte simultanément aux nombreux débris de troupes qui se replient. L'offensive manque de cohésion mais se concrétise tout de même par un déploiement des troupes des 7°et 9° RI au-delà des bois jouxtant la voie ferrée. Hélas, forts de leur succès à la lisière sud à la forêt de Luchy, les Allemands ont rapidement avancé des pièces d'artillerie et leur infanterie sur les hauteurs au nord de Bertrix et repoussent définitivement les Français au-delà de la voie ferrée. Ceux-ci tentent bien de se rétablir, mais le cœur n'y est plus et le désordre est trop important. Le repli par Bouillon et Herbeumont s'impose.

Bilan des pertes ? Hors de combat Français 4.434 Allemands 1.800

A suivre ...me contacter pour téléchargement à grognet.jl@sfr.fr

bataille-de-luchy.jpg

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